MES MEILLEURES AMIES, le film

Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié.

Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian, l’insatiable et athlétique dragueuse Megan, la candide Becca, l’ex-beauté Rita et l’ultra-snob Helen… toutes incontrôlables et décidées à donner de la voix pour imposer leurs choix dans l’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille.

Débute alors une délirante aventure…!

Sortie le 10 août 2011

Mon avis

Invitée à l’avant-première, j’ai pu découvrir le film en exclusivité le vendredi 24 juin dernier.

Mes meilleures amies, c’est un savant mélange de Sex and the City et de Bridget Jones. Dans le film, il y a cette pointe d’humour, de détresse profonde et de regard sur les relations qu’entretiennent les femmes entre elles mais également avec la gent masculine.

On passe de scènes comiques aux scènes quelque peu tristes voire pitoyables. On retrouve la mise en avant de l’amitié présente dans Sex and the City, les situations comiques et gênantes de Very Bad Trip mais aussi le sentimentalisme quelque peu exagéré de Bridget Jones.

En vérité on ne s’ennuie pas réellement. Le divertissement est le maître-mots de ce film mais attention ce n’est pas une comédie qui va vous expliquer pourquoi les relations sont aussi compliqué. On est devant un écran où on voit défiler les pires comme les meilleures situations qu’il pourrait nous arriver si notre meilleure amie se marie & qu’une rivalité naît pour défendre la place qu’on occupe dans un groupe de filles.

L’actrice principale Kristen Wiig, qui joue le rôle de Annie, a le don pour attiser notre sympathie. On se rallie à son combat, on a pitié d’elle mais aussi on souhaite qu’elle puisse enfin trouver un bon job, un vrai mec, un vrai appart, etc… C’est une peu la douce caricature de la femme citadine qui est très maladroite dans sa vie mais qui fait avec, c’est une sorte de Bridget Jones version 2011 qui ne cherche pas pour autant l’homme parfait (enfin du moins elle veut s’en convaincre).

C’est un film à aller voir pour toutes les femmes qui veulent rire un peu de leur ridicule (comme de se remaquiller le matin, après une nuit d’amour, en faisant croire qu’on est aussi belle en se réveillant) mais aussi pour les hommes qui veulent juste comprendre pourquoi les femmes agissent de façon aussi « bizarre » quelque fois.

Qui veut gagner des Oscars?

Comme vous le savez, j’aime beaucoup les biopics, surtout ceux qui s’emploient à caser en deux petites heures la totalité d’une vie, de la naissance à la mort, façon Ray ou La Môme. Comme vous le savez également, je trouve que Clint Eastwood est particulièrement en forme ces dernière années, entre son très subtil dyptique sur Iwo Jima, L’échange dans lequel Angelina Jolie joue très très bien, Gran Torino qui n’est pas du tout ridicule et Invictus qui est vraiment très instructif. Et comme cela ne vous a sûrement pas échappé non plus, je souscris pleinement au fait que Leonardo DiCaprio est le meilleur acteur de sa génération. Donc autant vous dire que j’attends avec impatience J. Edgar –le biopic du légendaire directeur du FBI, réalisé par Clint et interprété par Leonardo- dont la bande-annonce qui vient de tomber surpasse toutes mes espérances:

A ce stade, je ne suis pas convaincu qu’on puisse véritablement parler de bande-annonce, tant la chose semble moins destinée au public qu’aux votants des Oscars, dont on peut légitimement se demander s’ils accepteront de mordre à un hameçon aussi pachydermique.

Examinons cela de plus près, si vous le voulez bien.c

L’incontournable palette délavée de Clint, check. Un drainage de couleurs qui nous annonce avec solennité que, attention, voilà un film SERIEUX qui mérite considération, chers votants des Oscars. Pas comme tous ces films plein de couleurs qui ne sont pas sérieux du tout. Encore un effort Clint, le noir et blanc n’est plus très loin!

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Le carton magique! Celui-ci nous fait savoir que ce film a vraiment de L’IMPORTANCE et mérite donc bien de gagner des Oscars, parce que les histoire vraies, il n’y a que ça de vrai. Contrairement aux fictions qui ne débitent que des âneries inventées, et sont donc intrinsèquement futiles.s

Une voix-off qui annonce gravement des vérités très PROFONDES sur une vieille télé diffusant des images d’archives (parce qu’il s’agit d’une histoire VRAIE, rappelons-le) sur laquelle on peut apercevoir un président (et pas n’importe lequel, ce véritable magnet à Oscar de Nixon, figure centrale des Hommes du PrésidentJFKNixon et Frost/Nixon): voilà un film QUI RACONTE DES CHOSES ou je ne m’y connais pas! Et cette voix d’éternel adolescent qui joue avec application les vieillards, ça sent l’Oscar à plein nez!

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OMG! Leo, est-ce bien toi? Mais il est MECONNAISSABLE! Voilà qui mérite un OSCAR! MAIS COMMENT IL RESSEMBLE TROP A J. EDGAR HOOVER C’EST FOU! Comment ça je ne sais pas quoi à ressemblait Hoover ? Peu importe, je suis persuadé qu’il ressemblait à Leonardo avec son maquillage et sa perruque! Et cet accent si réaliste! Je peux d’ores déjà vous affirmer que Leonardo ne se contente pas de JOUER Hoover dans ce film: il EST DEVENU Hoover. Ca fait peur.d

Les choses sérieuses commencent. Apprenez, chers spectateurs éblouis, qu’avant de devenir le directeur diabolique du FBI, Hoover a été un ENFANT! Un enfant traumatisé par des traumatismes sans nul doute très traumatisants! Un enfant qui mérite à n’en pas douter un OSCAR!!!

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Mais qui vois-je? Notre-Dame-des-Oscars elle-même, Dame Judi Dench, actrice oscarisée, spécialisée dans les rôles de vieilles biques distinguées dans des production haut de gamme! Une actrice de théâtre anglaise avec un accent chic pour jouer la maman de Hoover, pouvait-on rêver mieux pour ajouter au PRESTIGE de ce film fort PRESTIGIEUX? Même en pilote automatique, gageons que Dame Judi donne dans ce film une performance digne d’une septième nomination, voir même d’un second Oscar!

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Mais attendez, chers votants, ce n’est pas tout! En plus de Dame Judi, voici une seconde concurrente à l’Oscar du second rôle! Regardez-bien, non, ce n’est pas du papier peint, mais bien Naomi Watts, cette grande ACTRICE, qui a quand même teint ses cheveux en marron et accepté de porter un gilet super moche afin d’incarner avec beaucoup de SUBTILITÉ la fidèle secrétaire d’Hoover, Helen Gandy! Tant d’abnégation au service de son art, est-ce que ça ne mérite pas un OSCAR?

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Admirez comme Leonardo fronce bien les sourcils! Qu’attendez vous pour lui donner l’OSCAR qu’il mérite pour toutes ces années passées à jouer les grandes figures historiques, les débiles mentaux et les fous?

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Et regardez, il y a même un KENNEDY! Même que Hoover l’appelle KENNEDY et qu’il y a écrit KENNEDY sur son bureau, au cas ou on n’aurait pas remarqué que c’est un KENNEDY! Un KENNEDY, ça mérite bien OSCAR, non?

 

Pourquoi diable attendre le mois de Février? Par la simple force de son interprétation, ce type peut se transformer en Raymond Barre. Donnons-lui un Oscar tout de suite.

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Que vois-je? Il y a MÊME une suggestion d’homosexualité? Mais oui, car le scénario est signé par nul autre que Dustin Lance Black, le scénariste oscarisé de Milk, un autre biopic gay à Oscars! Mais attention, pas trop, sinon on risquerait de passer à côté de la cargaison d’Oscars attendue, comme Brokeback Mountain! Clint lui-même a mis la pédale douce: « Ce n’est pas un film sur deux types gays! C’est un film sur un type qui a manipulé tout le monde autour de lui et et à réussi à se maintenir face à neuf présidents. Je me fous complètement de savoir s’il était gay ou pas! » Bien vu Clint! Pourquoi un biopic devrait-il s’intéresser à la vie privée de son sujet? D’autant qu’être un homosexuel honteux durant ces années-là tout en occupant une des plus hautes fonctions du pays, cela n’avait probablement aucune incidence sur le comportement du bonhomme! Et Leonardo d’enchaîner: « Si j’étais joueur, je ne sais pas sur quoi je parierai [concernant sa sexualité]. » Bonne idée Leo, le mieux est de ne pas faire de choix, surtout quand on est acteur et qu’on doit interpréter le type en question!

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Aaah, l’inévitable scène de ménage avec cassage de vaisselle, indispensable à tout film à Oscar qui se respecte! En plus, le rôle de la femme dévouée est interprété par Armie Hammer, qui jouait non pas un, mais DEUX types dans The Social Network, un film qui a gagné plein d’Oscars l’année dernière! Un type qui peut passer des frères Winklevoss à Jennifer Connelly? Un seul mot me vient à l’esprit: OSCAR!

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Ouh et ce n’est pas fini! Il y a aussi la scène ou notre héros tient la main de sa chère maman mourante, tandis que celle-ci lui prodigue des derniers conseils qui le MARQUERONT A JAMAIS! Regardez, Leonardo pleure derrière ses lentilles marrons! IL PLEURE, QUE DIABLE VOULEZ DE PLUS ? Il peut avoir son Oscar maintenant?

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Hoover est sur un CANAPÉ ! UN CANAPÉ NOM DE DIEU! Et il est VIEUX et MOCHE, alors que Leo est JEUNE et BEAU, c’est pas fort ça? Et il est TRISTE! Et il FRONCE LES SOURCILS! Et il est TOUT GRIS! Et il y a même une LAMPE, UNE LAMPE QUI A SANS NUL DOUTE GAGNÉ PLEIN D’OSCARS DE LA MEILLEURE LAMPE! ALLEZ SOYEZ SYMPA, DONNEZ LEUR DES OSCARS, A LEO ET A CLINT ET A TOUT LE MONDE DANS CE FILM, SINON ILS NE S’ARRÊTERONT JAMAIS, ILS CONTINUERONT A FAIRE DES BIOPICS ATROCES  JUSQU’A LA FIN DES TEMPS, ALORS PAR PITIÉ, DONNEZ LEUR CES PUTAINS D’OSCARS QU’ON EN FINISSE!

 

Bref, j’ai écrit un… MAIS TU VAS TE TAIRE OUI?

Je n’ai jamais été fan des effets de meutes, des amours populaires à tendance Panurgiques. À voir la réaction de la Croisette face à The Artist et sa pseudo prise de parti paresseuse et Polisse et son aura de « film coup de poing », j’attends leur sortie avec une boule au ventre, conscient du ramdam qu’ils vont engendrer. Ces oeuvres qui, même si elles sont loin d’être mauvaises, soulèvent les foules parce qu’elles sont « sérieuses mais accessibles » ou « n’ont rien à envier au cinéma ricain », me font royalement chier. J’avais mangé mon chapeau de rage lorsque la grande famille du cinéma avait couronné Guillaume Canet pour son adaptation pourrie du roman d’Harlan Coben (ce qui n’est pas un mal, parce que ça me va très mal les chapeaux) pour la simple et unique raison que la profession voulait saluer le fait d’avoir coupé l’herbe sous le pied des producteurs américains, et pas DU TOUT pour ses qualités artistiques (inexistantes). Depuis je me suis racheté un chapeau, et j’ai trouvé une autre occasion de le manger.

Depuis la rentrée, à 20h et des poussières, au beau milieu du Grand Journal, est programmé un format court: BREF. Je ne vous rappellerai pas de quoi il s’agit puisque, vu le rythme auquel tous les gens de mon entourage likent la page Facebook de cette série, de mes potes les plus proches à ma coiffeuse (oui, j’ai ma coiffeuse sur FB), vous le savez déjà. Alors tout d’abord, pour endiguer le flot de commentaires haineux de fans de la série, je vous ferai savoir que je trouve le bordel assez bien écrit, juste et pertinent sur beaucoup de travers et habitudes de notre temps et de notre génération (en gros les 20/35 ans), et plutôt bien joué et ficelé. Je ne remets donc pas en cause les qualités intrinsèques du show.

Maintenant, je vais vous demander DE BIEN TOUS VOUS CALMER DEUX SECONDES BANDE DE MALADES MENTAUX.

Ça fait quoi, deux semaines que Bref a été lancé, et j’en ai déjà ras-le-bol. Pas du programme en lui-même, mais de vous. Ras-le-bol qu’entre 20h15 et 20h45 mon feed Facebook, ma timeline Twitter, mon putain de TÉLÉPHONE ne sonnent que pour déblatérer sans fond sur 60 secondes de blagounettes. À voir l’engouement que vous avez tous pour le show, on a l’impression que chaque soir, Martin Scorsese accouche de Raging Bull encore et encore et encore. Les femmes enceintes perdent les eaux, les hommes se jettent à terre, la bave aux lèvres, et toute la France se donne rendez-vous sur les Champs-Élysées pour faire péter le champagne en signe de victoire.

J’en peux plus d’entendre les gens répéter « AH PUTAIN, ENFIN, ILS SONT TROP FORT CES MECS, ILS ONT RÉVOLUTIONNÉ LA TÉLÉ ». Prenez un Valium et rasseyez-vous tout de suite. Soit, Kyan et Navavo sont bons, mais ils le sont autant qu’une bonne branlée de mecs drôles qui sévissent ou pas sur les internets, qui écrivent ou pas pour la télé ou le cinéma. Ériger Bref en renouveau de la télé française comme vous semblez tous le faire, c’est balayer d’un geste le talent et le boulot de tout le reste de la profession. Parce que finalement, les vrais héros, dans cette histoire, ceux à qui il faut jeter des fleurs et dire merci, c’est le service de la fiction de Canal+. En presque 8 ans de métier, j’en ai vu passer des projets drôles, grinçants, justes et à propos comme Bref. La seule différence, c’est qu’aucun diffuseur n’avait eu les couilles de les programmer jusqu’ici. Cette petite série de 60 secondes peut être effectivement le centre d’une révolution si et seulement si elle pousse les chaînes françaises à sortir de leur marasme de programmation, bloquées dans une soupe consensuelle prémâchée et sans saveur.

Vu comme ça, ça ne peut que faire du bien au PAF me direz-vous. Mais moi j’ai un peu peur. Connaissant la propension des dirigeants de chaînes à ne pas trop se mouiller, ce qui m’inquiète, c’est de voir le concept de Bref calqué un peu partout. Et puisque ce sera difficile à faire, j’imagine déjà les chargés d’études de diffuseurs, tous sortis d’HEC et pour qui seul le chiffre fait foi, leur asséner des modèles statistiques leur démontrant que le format court est de retour. Et là, là, on serait vraiment de la baise comme il faut.

Parce que le format court, voyez-vous, c’est le cancer de la télévision, la métastase de la narration. Le format court, c’est le snacking de l’histoire, c’est un Bounty alors que tu vas dîner dans une heure. Et comme l’en-cas hypercalorique entre repas est une mauvaise habitude alimentaire, le format court est une mauvaise habitude télévisuelle. C’est aussi le miroir d’une société qui a décidé que la pérennité on s’en branlait, qu’on n’avait plus le temps de rien, qu’on ne peut plus demander aux gens leur attention plus de 90 secondes, et qu’une histoire doit donc être racontée de manière chronométrée, et donc, over-simplifiée. À habituer le téléspectateur à ne plus rien voir de construit et d’engageant intellectuellement, à ne plus lui demander aucun effort d’attention, on le destine à ne plus en faire, d’effort. On a la télé qu’on mérite.

Que le plus gros succès de la rentrée télévisuelle soit un format court, c’est une mauvaise nouvelle pour les chaînes, pour les spectateurs, et pour les producteurs télé qui, poussés par « l’air du temps » faisandé, vont aller ressortir tous leurs projets courts poussiéreux des tiroirs. Pas parce qu’ils veulent faire de la merde, mais parce que c’est ce qu’on risque de leur demander, et qu’on ne va pas leur en vouloir de gagner leur vie. Mais un format court, c’est moins de comédiens, des équipes plus réduites, des scénaristes traités comme du bétail, et au final, moins de richesses pour l’industrie, et donc moins de moyens pour des projets ambitieux.

Le succès de Bref c’est bien, mais le phénomène qui l’entoure l’est moins.

Ce billet est sponsorisé par Tilda Swinton

mots-clefs :Cinema, Identité Secrète, Louis Garrel, Louise Bourgoin, Monica Bellucci, Rémi Bezançon, Taylor Lautner, Tilda Swinton, Un été brûlant, Un heureux événement, We Need To Talk About Kevin, Woulala ça fait beaucoup de tags tout ça.

Si vous décidez d’aller au cinéma cette semaine, plusieurs options s’offrent à vous.q

Option A:  Contribuer à l’inévitable carton d’Un heureux événement, le dernier-né de Rémi Bezançon -mais si, vous savez bien, le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie, ce charmant petit film que vous avez a-do-ré parce qu’il aligne les moments nutella de façon si convenue qu’à un moment ou à un autre vous avez été forcé de vous y reconnaitre (OMG! Ca me rappelle trop quand j’ai quitté la maison/je me suis fait dépuceler/je suis tombé amoureux/j’ai trompé mon conjoint/je suis mort). Après le méga succès du Dernier Jour, Rémi, qui est un peu notre nouveau Klapisch -populaire, sympa, cool, et prompt à vous remuer autant qu’un verre de limonade éventée- a décidé d’adapter un roman, mais attention, pas n’importe lequel: un roman écrit par nulle autre qu’Eliette Abécassis, sans aucun doute l’un des auteurs majeurs de ce nouveau siècle (avec Amanda Sthers, évidemment). C’est l’histoire d’une sorte de couple, joué par deux acteurs suffisamment lisses pour que vous puissiez remplacer leurs têtes par les vôtres, qui se rencontrent, puis s’aiment, puis font un bébé, puis se rendent compte qu’avoir un bébé c’est pas si facile, voire même c’est vachement dur, etc, etc. Nul doute que toutes les greluches en cloque, ou l’ayant récemment été, ou en passe de l’être, ou rêvant de l’être -en bref, TOUTES les greluches- n’auront pas de mal à y reconnaître leur propre expérience et pleureront à chaudes larmes en serrant fort la main de leur fournisseur de sperme. Notons que pour son prochain film, Rémi tentera de ratisser encore plus large en prenant pour sujet un mec qui mange des croissants le matin au réveil.

Option B: Contribuer à la fin du monde en allant voir Identité secrète, aka le-film-avec-le-mec-de-Twilight-mais-pas-Robert-Pattinson-l’autre-celui-qui-a-une-tête-de-con.s

Et non il ne s’agit pas d’une parodie, mais bien d’un vrai film, comme en témoignent les claquage de portes effarés des critiques internationaux au dernier Festival de Venise, ainsi que l’inévitable adoubement de Libé et des Inrocks, qui nous apprenent que « Monica Bellucci irradie comme jamais ». Comme jamais, c’est exactement ça.

Option D: Contribuer au rayonnement de la race humaine en allant voir un très grand film.

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Le hasard des sorties fait parfois bien les choses: si vous cherchez l’antidote à la maternité version Biba d’Un Heureux Événement, goûtez donc à ce poison concocté par Lynne Ramsay, la géniale réalisatrice de Ratcatcher et Morvern Callar, qui est a peu près tout ce que Rémi Bezançon n’est pas (à savoir, une cinéaste). Nulle trace ici de couple jeune et joli, juste une femme, Eva, qui cherche à comprendre comment son rejeton en est arrivé à dézinguer la moitié de son lycée.

En transposant à l’écran le best-seller épistolaire de Lionel Shriver, Ramsay a audacieusement contourné tous les écueils de l’adaptation littéraire: point de monologues intérieurs énoncés par une voix-off lourdement explicative, mais un collage foutrement cinématographique d’images et de sons, qui esquive la psychologie et réduit au maximum les dialogues au profit d’une approche sensorielle cadencée par une utilisation renversante des effets sonores. Juxtaposant différentes temporalités, le récit avance dans un perpétuel état de convulsion, à l’image de celles qui secouent la psyché ravagée d’Eva, qui ne sait toujours pas si elle a enfanté une créature maléfique (le film ne se prive pas d’évoquer Damien et consort avec un humour allègrement sinistre) où si c’est son propre instinct maternel défaillant qui a fait de son fils un monstre. Une question à laquelle Lynne Ramsay se refuse à répondre, et qui ne manque pas de provoquer l’inconfort à mesure qu’émerge une troublante ressemblance entre la mère et le fils, auxquels Tilda Swinton et Ezra Miller prêtent leurs physiques longilignes et dangereusement anguleux. Atteignant ici des sommets d’anxiété étouffée, Swinton trouve en ce jeune acteur de 18 ans un adversaire à sa taille, paralysant d’animosité sournoise. Nul besoin de vous enrober la vérité: vous en ressortirez l’estomac retourné, mais à l’inverse d’Un heureux évenement, vous aurez la satisfaction d’avoir vu un vrai film.